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Enture

L’enture, une technique éprouvée

Le mot « enture » est un terme de chasse et désigne une technique vieille de plusieurs siècles, issue de la fauconnerie, et consistant dans la mise en place de nouvelles pennes chez les oiseaux de poing. Le remplacement des plumes cassées par enture était déjà pratiqué par les fauconniers durant l’Antiquité : il s’agissait de fixer, à l’aide d’une aiguille en acier carrée, le calamus d’une plume endommagée à celui d’une plume identique intacte, récupérée lors de la mue de l’oiseau. L’aiguille était enduite d’un produit acide, le plus souvent du jus de citron, ce qui accélérait la formation de rouille et permettait d’obtenir une plus grande stabilité. De nos jours, on utilise des tiges élastiques en fibre de verre, en carbone, ainsi que des calamus, et pour fixer l’ensemble, on recourt à des colles instantanées. Ce travail demande de l’expérience et une extrême rigueur, car la plume implantée doit s’insérer parfaitement dans l’ensemble du plumage sans coller aux plumes voisines.

Chez le martinet, la pratique de l’enture n’a probablement jamais été effectuée, ou du moins pas dans la même mesure qu’aujourd’hui. Si les premières entures réalisées en 1997 au centre de soins pour martinets de Francfort se limitaient au remplacement de quelques plumes isolées, elles peuvent aujourd’hui, dans de très rares cas, consister dans le renouvellement presque complet du plumage. Il est possible de remplacer jusqu’à 15 rémiges primaires et secondaires par aile, ainsi que 10 rectrices au maximum. Il est également possible, et même nécessaire, de remplacer les plumes de couverture des rémiges primaires lorsqu’elles sont pliées ou cassées, car elles jouent un rôle important dans la tenue et la stabilité des rémiges.

 

Jeune martinet leucistique de nouveau apte au vol après avoir subi une enture avec les plumes d’un sujet de couleur normale. © C. Haupt

Matériel nécessaire pour l’enture:
Pour effectuer une enture, il faut des tiges de carbone classiques (diamètre 0,5 à 1,8 mm), des pointes de cannes à pêche en fibre de verre (diamètre 15/5 –35/5 mm, des ciseaux coupe-griffes ou des petits ciseaux anatomiques, afin de retirer les plumes qui doivent être remplacées, de la colle cyanoacraylate (colle instantanée de la marque UHU), ainsi que du papier de verre (grain 180, 240) pour polir les tiges de carbone.

Matériel nécessaire à la réalisation d’une enture. © C. Haupt

Les plumes utilisées lors des entures proviennent soit d’oiseaux adultes inaptes à voler, soit de jeunes oiseaux présentant un plumage intact et complet qui sont arrivés morts, sont morts à la clinique ou ont été euthanasiés. Dans la mesure du possible, un oiseau ne doit recevoir que des plumes provenant d’un sujet du même âge, adulte ou juvénile, afin d’éviter les différences de largeur et de longueur. Si l’on pratique une enture sur un jeune avec des plumes provenant d’un adulte, on observera sur les rémiges primaires des différences de longueur de 10-12 mm et sur les vexilles, des différences de largeur de 1-2 mm. Les proportions de l’aile s’en trouveraient donc complètement faussées. Quant aux rectrices, elles sont de 6 à 8 mm plus longues chez l’adulte que chez le jeune. Les conséquences sur la qualité du vol ne sont pas établies, aussi est-il vivement recommandé de respecter au mieux les proportions naturelles.


Déshabillage du donneur:

Les plumes du « donneur » sont retirées suivant l’ordre de leur disposition. Il est conseillé de les numéroter afin de ne pas les mélanger. On veillera surtout à marquer d’un signe la distance existant entre la base du calamus et le point de sectionnement pour être en mesure de le reproduire sur l’oiseau receveur, afin que la nouvelle plume s’intègre bien.


Préparation des plumes et de l’oiseau receveur:

On commence par préparer le jeu de plumes, un travail délicat qui demande beaucoup de patience. Les tiges en carbone ou en fibre de verre sont ajustées par polissage afin d’être introduites dans les calamus. Une fois cette tâche effectuée, l’oiseau receveur est placé sous anesthésie. L’enture ne peut être réalisée que sous anesthésie générale, car le martinet est un oiseau très sensible au niveau des ailes et peut réagir à une manipulation de manière extrêmement violente. Or pour obtenir une parfaite reconstruction de l’aile, ils doivent être d’une immobilité absolue lors de la mise en place des nouvelles plumes. Dans certains cas très rares (l’oiseau est calme et l’enture ne concerne au maximum qu’1 à 3 rémiges et quelques rectrices), l’opération peut avoir lieu sans anesthésie. Il faut alors que le vétérinaire ou le fauconnier soit expérimenté et maîtrise bien la technique de l’enture.

Jeu de plumes destinées à l’enture. © C. Haupt

 

L’enture :

Les plumes lésées sont enlevées l’une après l’autre à l’aide de ciseaux pointus. Il faut se montrer extrêmement minutieux lors de cette opération, car les plumes de couverture ne doivent pas être endommagées. L’ajustage et le collage des « nouvelles plumes » est un travail d’orfèvrerie qui demande adresse et expérience. Chez le martinet, l’enture ne devrait être effectuée que par un vétérinaire ou un fauconnier familiarisés avec cette technique et l’ayant utilisée à plusieurs reprises. En effet, la moindre imperfection peut entraîner une diminution des capacités de vol de l’oiseau, empêchant ainsi sa remise en liberté.

Mise en place des nouvelles plumes. © C. Haupt

Avantages de l’enture:

Le plus plus grand avantage de l’enture est que le martinet peut être relâché quelques jours seulement après l’intervention. Cela peut être décisif pour des oiseaux adultes en charge d’une nichée. Comme nous l’avons souligné, l’arrachage des plumes endommagées, autrefois couramment pratiqué, risque d’entraîner de graves blessures. Et si la repousse des nouvelles plumes se passe bien, il faut compter au minimum de 8 à 10 semaines avant que l’oiseau puisse être remis en liberté. L’enture doit être considérée toutefois comme l’opération de la dernière chance et non comme une panacée destinée à soigner des lésions qui pourraient être évitées facilement. En conséquence, la nourriture et l’installation des martinets doivent constituer des priorités.

 

Greffer des plumes demande beaucoup de temps : la préparation du nouveau jeu de plumes dure environ six heures, tandis que l’enture elle-même demande d’une à trois heures, selon le nombre de plumes à remplacer. Toutefois, c’est un moment merveilleux d’assister à l’envol d’un martinet « habillé de neuf » qui, sans l’enture, aurait été condamné. C’est également un dernier hommage à son camarade, moins chanceux, qui lui permet de retrouver la liberté.

En-haut : jeune martinet présentant un plumage très endommagé après avoir été maintenu dans une cage : sans l’enture, cet oiseau était condamné. En-bas : le même oiseau après enture. Fort de ses 24 nouvelles plumes, il put retrouver la liberté. © C. Haupt

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